Lundi 12 novembre 2007 : au Luxembourg, les souvenirs demeurent

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Archevêché de Vercelli

Je ne sais pas si cela peut vraiment intéresser des lecteurs éventuels, mais dans la progression de cette phase particulière des itinéraires culturels dont je me délecte avec retard dans un texte écrit le plus souvent a posteriori, il y a des moments d’élection.  

J’emploie ce terme dans son double sens. 

Et, la semaine qui vient, doit constituer à la fois un tournant politique pour l’Institut Européen des Itinéraires culturels et jouir d’un moment un peu particulier, en ce qui me concerne. 

Mais tandis que les textes des intervenants des semaines précédentes continuent d’arriver, je dois bien constater – n’ayant pas pu être dans tous les ateliers à la fois – que les échos sont nombreux. Je veux dire ce qui fait écho en renvoyant une idée d’une paroi à l’autre, d’une extrémité de l’Europe à l’autre. 

Il y a ceux qui, comme Luca Bruschi, jeune pèlerin de trente ans ont pris le parti de parler de leur expérience et ceux qui, comme Marie-Louise Von Plessen, historienne confirmée, toujours à la recherche de nouvelles avancées de son savoir vers un large public, ont voulu prendre à bras le corps la dimension de l’imaginaire et évoquer de ce fait les grandes transversales qui traversent le Musée de l’Europe auquel elle aura largement contribué. 

« Le chemin vers Rome et Santiago nous aide à récupérer la conscience de notre matrice culturelle et spirituelle : milliers de kilomètres qui nous permettent de nous emparer de nouveau de tout l’immense patrimoine de symboles et significations qui de l’antiquité archaïque et gréco-romaine, par le Moyen Age et les époque postérieures, ont construit notre identité d’Européens.  La sensation que l’ongarde à la fin du voyage est magnifique, c’est une décharge d’émotions régénératrice. Elles sont d’autant plus grandes que l’on souhaite les partager avec les autres, après avoir vu croître, pas après pas, la conscience perdue de que nous sommes, de la manière dont nous avons vécu notre passé, du sens et des significations de la vie. Le chemin lent le long de ces deux itinéraires n’est pas été seulement une métaphore du temps, mais aussi une splendide métaphore du « vivre ». »  

Luca Bruschi 

« Ce seront les croisades en Terre Sainte et les pèlerinages aux hauts lieux de l’Eglise chrétienne qui vont intégrer et définit les frontières territoriales et mentales, à l’intérieur et à l’extérieur, de l’Europe chrétienne, s’étendant de l’Oural aux colonnes d’Hercule des rochers de Gibraltar. Ce seront les savants des universités de Salerne, de Bologne, de Paris, de Cracovie, de Tolède ou de Salamanque qui vont instruire leurs étudiants des sagesses en mathématique, en médecine ou en astrologie traduites de l’arabe. Ce sont les chevaliers européens qui chantent leurs épopées de poésie héroïque tirées des romans des troubadours, dont les blasons d’insignes féodaux témoignent de l’héritage iconographique des sources antiques, grecques, byzantines et romaines. Leur cohérence s’étend de la Suède à al Sicile, qui tisse un réseau de valeurs morales, d’idoles vertueuses, d’esprit de guerre et d’intégrité morale encore personnifié par le Cid au royaume des vertus incontestables d’un chevalier de la Manche, Don quichotte. » 

Marie-Louise von Plessen

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