Jeudi 28 juin 2007, Luxembourg le froid de retour

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J’ai failli allumer le chauffage ce matin. 

Les rues de mon village étaient noyées de brume froide. Les arbres dégoulinaient. Les visages s’étaient fermés comme si au lieu d’une fin d’année scolaire, on avait annoncé la rentrée. 

Je sais bien que l’Europe est diverse, mais rien n’était plus propice que ce temps d’abomination à me faire souvenir que dans quelques jours, cela fera exactement dix années que j’ai quitté Strasbourg pour tenter l’aventure d’un nouveau centre au Luxembourg. Dix années, comme une année. Mais dix années d’épuisement serein, de fatigue acceptée, de révoltes humides comme un matin d’hiver sur le lac d’Echternach. 

Ce qu’il a fallu accepter. En effet ! J’aimerais me réjouir. Mais les mots ne viennent pas sur le ton de la célébration. Ils me manquent, comme me manquent ceux que j’aime et dont je me suis éloigné. Ils font défaut comme le baiser qui reste sur les lèvres, deviné cependant, posé de loin sur les lèvres auxquelles il est destiné. 

Dans la pluie inquiète, le paysage se languit. Les renards ont, comme en automne et en hiver payé cette nuit leur tribut aux voitures. 

Dans l‘Afrique qui a joué à saute moutons vers une Europe incendiée, je cherche mes repères, mais je dois remettre une cape sur mon dos pour écrire un peu.  

Je cherche une image qui date d’un an. Un pré fauché. Un rien de vent qui mobilise les Ombellifères. Une odeur un peu amère. 

Quelques mots. 

Seulement. 

L’Europe est diverse en effet.

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