
J’avais commencé par plaisanter. Que pouvait-on bien raconter en un début d’après-midi à des personnes d’un certain âge. Je veux dire des personnes un peu plus âgées que moi ? Et comment éviter que les histoires ne les endorment, comme un feuilleton trop connu ? Je n’avais pourtant pas oublié cette conférence que je devais donner dans un cadre de formation populaire à des personnes retraitées réunies régulièrement par leur curiosité pour les choses de l’art ou les choses de la vie.
Et puis le jour est venu. Je devais me rendre au Centre Prince Henri à Walferdange. Je me devais ce rendez-vous. Je le devais aussi à la personne qui me l’avait demandé.
Voilà, c’était au fond une divine surprise, même si j’avais déjà en tête le texte à écrire pour Arles et la présentation pour la réunion de Gaillac, et tout ce que je dois avoir devant les yeux quand je contemple les semaines à venir. J’ai pris un grand plaisir à présenter ces vingt années d’itinéraires culturels ; à revenir sur les origines, les détours, les contours. Et j’ai reçu une image en retour ; des questions, des curiosités.
Un peu aussi dans le rapprochement et le contraste des âges…je passe mes journées entouré de jeunesse et de regards pleins de découverte et voilà soudain que je comprends mieux pourquoi Maria Guerra, que je vais retrouver dans quelques jours, a su trouver parmi les adhérents de toutes les associations jacquaires de France, dont la plupart ont l’âge de mes interlocuteurs aujourd’hui, la force et la patience d’un travail d’éducation aux valeurs que révèlent les chemins de Saint Jacques.
Dans les dernières heures d’un mois d’hiver que je vais essayer de contourner en me rendant au sud, j’ai finalement trouvé de la chaleur, au-delà de mes espérances.