Lundi 18 février 2008, Athènes : un café grec et un verre d’eau

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Athènes comme un bonbonnière. Dans les rues désertées, personne n’ose plus circuler. Plus de taxis, plus d’autobus, plus de voitures particulières. Il semble même que le métro soit difficile à atteindre en banlieue. Le spectacle des rues est à la fois enchanteur, parce que le soleil brille, mais comme un vent froid joue au toboggan dans les rues et que la dsc05850.1212527315.JPGdsc05840.1212527271.JPGdsc05837.1212527222.JPG

température s’obstine en dessous de zéro, il faut savoir compter sur les surprises, rattraper le temps et parfois les branches des orangers couverts de neige pour éviter de tomber.  

Quand le temps a décidé de s’arrêter et de changer l’aspect d’une ville avec quelques pelletées de neige, un vent sibérien et la transformation des surfaces de marbre en patinoire : Que croire ? Ou plutôt qui croire ? Un café c’est fait aussi pour cela : pour se rassurer ! 

Si l’on veut commencer par un sentiment, celui qui prédomine aujourd’hui est la convivialité face à l’adversité. Elle existe normalement, ordinairement, même dans cette grande métropole, contrairement à beaucoup d’autres capitales. Mais aujourd’hui elle est encore plus forte.  Que peut-on demander ? On sait qu’on l’obtient toujours.  

Une énorme pile de verres superposés. Un coin de bar et quatre hommes, comme des milliers d’autres en Grèce, jouent avec leurs chapelets. Celui que j’aperçois de profil le fait tourner et l’égrène, puis le fait tourner à nouveau. Le chapelet est ici la Rolex des simples. Cela n’empêche pas pourtant qu’il fasse bien ressortir la montre qui orne son poignet.   L’affichage que la vie passe, pour dieu et pour les hommes.  

La serveuse prend l’air de se demander si je ne me suis pas trompé. Un café grec, vraiment ? Sans sucre de surcroît. Bizarrerie de l’étranger qui pourrait bénéficier d’un expresso et pense qu’il doit faire semblant d’adopter les mœurs locales.

Oui, en effet. On est à Athènes.  Il y a aussi dans ce café quelques femmes, employées un peu désoeuvrées aujourd’hui où les écoles et les administrations sont fermées, tandis que les magasins sont à moitié ouverts.    

Mais chaque sexe est bien séparé. Les conversations croisées se feraient certainement rougir. Quelles sont d’ailleurs les plus sauvages, les plus brutales, les plus franches, celles des hommes ou celles des femmes ? 

Un pays où l’on sert un verre d’eau est un pays qui a su garder le sens de l’accueil. Je prolonge donc ce plaisir du spectacle du café. 

Un pays qui aime les cafés est un pays civilisé.  Comment en douter dans la cité de la Démocratie ?

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