Dimanche 11 novembre 2007 : Paris, le patrimoine culturel

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Santiago de Compostella. Photo Marie Thomas-Penette

Finalement j’aime bien ce salon du patrimoine où, dans les allées, se pressent des personnes de tous âges à la recherche de colles pour les bois anciens, de tuiles de tradition, ou de restaurateurs d’ivoires, à côté d’étudiants en quête de stages ou d’emplois. 

J’aime y retrouver ces grands stands prestigieux qui arriveraient à nous faire croire que nous sommes plongés dans les tentures de Versailles, aperçues à l’extrémité d’une perspective ou dans l’obscurité d’une église à Parme, prêts d’atteindre un confessionnal. 

Selon les heures, pressés ou graves, un grand échantillon de la population française poursuit sa quête entre les beaux objets, les perspectives somptueuses et la présence obligée des ministères et des associations spécialisées. 

Depuis 2003, et à plusieurs reprises, nous avons marqué la présence de l’Institut Européen des Itinéraires culturels et tenté le contact direct d’un salon, en pensant y trouver un écrin pour la librairie et un moyen de rencontrer de nouveaux publics. 

Cette illusion a disparu, ou plutôt, à mieux dire, ce temps là est révolu. Nous y sommes, comme dans une traversée du luxe et comme une participation à une sorte d’éloge du passé. Calmement, autrement dit ! 

J’étais cependant heureux d’y revoir aujourd’hui Jessie Westenholz à l’heure du déjeuner dans son domaine de prédilection, un restaurant un peu coupé des bruits des visiteurs où elle invite les conférenciers. Elle y cotôyait Jean-Pierre Jouet, fondateur de la FIAC et Pierre Chevalier, grand restaurateur de tapisseries.  

Je les ai tous connus dans un autre temps et un autre contexte, lorsque les premiers ont accueilli plusieurs années un stand de Textile/Art, gentiment imposé par la Galerie Jan Krugier et le dernier, comme annonceur dans les expositions officielles de tapisserie que notre association ou notre revue avaient organisées.  

Un brin de nostalgie, quoi ! Comme lorsque l’on vérifie le temps qui passe, y compris sur les autres. 

Je reviens ainsi aux passages des heures depuis les moments forts des semaines précédentes.  D’une manifestation à l’autre, des phrases reviennent, ou plutôt des éclairages complémentaires. 

En effet qu’est-ce donc que le pèlerinage ? Et qu’est-ce que l’hospitalité ? :

« Aujourd’hui, si le patrimoine fabuleux qui existe témoigne de cette valeur, elle continue à vivre au travers des personnes qui la pratiquent. L’hospitalité est plus qu’une valeur, c’est une expérience, une aventure humaine qui nous relie les uns aux autres ; une fraternité qui permet d’ouvrir son cœur et d’accueillir son prochain sans jugement, avec confiance. Et dans notre société actuelle, devant affronter de nombreux troubles, centrée sur la matérialisme, l’Hospitalité peut apparaître « déplacée », de ce fait, elle en devient une véritable « cause » que l’on se doit de défendre, préserver, raviver. Les Chemins de St Jacques se caractérisent par cette Hospitalité symbolisée par toutes ces personnes, qui un jour, ont décidé de se mettre à la disposition d’autres marcheurs et pèlerins, de faire en sorte que le pèlerinage ou voyage qu’ils entreprennent se passent dans les meilleurs conditions, offrant gîte et couvert, conseils et soutien. Accueillir c’est aussi recevoir. Un grand penseur, Khalil Gibran, parlait de « la générosité comme une action volontaire et reconnaissante de recevoir ». « L’hospitalier » donc n’existe que par celui qui est « accueilli », et ce lien unique, précieux, se vaut de tout commentaire ou analyse. » 

Ainsi s’exprime Maria Guerra. 

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