Du vendredi 5 au samedi 6 octobre 2007, Luxembourg: Quelle aide de la part des ambassadeur ?

Cliché MTP

Sitôt rentré d’une fin de semaine épuisante, il a fallu en aborder une autre qui, cette fois, avait été souhaitée par le Conseil de l’Europe comme une manière de convaincre un aréopage d’ambassadeurs de l’importance des Itinéraires culturels

Les ambassadeurs – Représentants permanents -, c’est à dire ces personnalités qui durant toute l’année représentent les ministres des Affaires Etrangères des pays membres du Conseil de l’Europe, sont en effet les vrais patrons du Conseil. Ils décident des petites et des grandes choses, et en particulier des budgets et si la culture est peu à peu entamée, au point que du gâteau il ne reste plus que la boîte, un programme pourrait néanmoins continuer de convaincre s’il était pris à sa juste mesure, c’est-à-dire la mesure politique, celui des itinéraires culturels, justement.  

C’est pourquoi nous nous sommes efforcés de mettre en place un programme qui reposait sur deux temps : le premier temps visait à accueillir huit nouveaux itinéraires culturels et le second à ouvrir les portes des grands espaces géopolitiques où s’exerce un dialogue interculturel dont le Conseil prêche l’exemple. 

Une fois de plus, je dois leur en rendre justice, l’amitié de tous ceux avec qui nous travaillons était au rendez-vous. Entre le grand tracé de la Via Regia qui pousse à chaque fois un peu plus la route d’une liaison avec l’Est de l’Europe et les somptuosités historiques du dialogue avec le monde arabe que réussit l’itinéraire Al-Andalus, il y avait matière à réflexion.  

Des experts étaient là, comme des spécialistes du tourisme, rejoints par les opérateurs culturels qui chaque jour animent ces êtres en croissance que sont les itinéraires culturels. Ils avaient invité des partenaires du Liban ou du Maroc et des espaces de l’Ukraine et de la Pologne. Leurs élus étaient venus montrer l’importance des actions qu’ils poursuivent. 

Mais pourtant, tout cela n’a suscité que de timides frémissements. Peu de questions. Peut-être de l’étonnement. Qui sait ? Plutôt des demandes : travailler avec la Moldova ou l’Albanie, être encore plus largement européen en satisfaisant les passions de l’archéologie d’une Présidente macédonienne ou en s’attaquant aux minorités migrantes, comme les Roms.  

Comme s’il s’agissait d’évidences auxquelles nous n’aurions pas pensé. 

Comme si tout ce qui avait déjà été atteint n’était qu’un jouet qu’on peut ranger dans un tiroir en demandant au fabriquant un gameboy encore plus puissant. 

Encore un peu plus, voulez-vous ? Et avec un peu moins ? Pourquoi pas en effet ? Si les enjeux étaient pris en compte autrement que des jeux de salon qui doivent faire partie de longs rapports stratégiques, sans réalités budgétaires. 

ReTour de Babel. Cliché MTP

Le programme des visites a continué, pour ceux qui le souhaitaient, au sein de l’espace de l’exposition « ReTour de Babel », puis vers l’espace transfrontalier entre le Luxembourg et l’Allemagne, sur les pas d’une influence baroque qui n’était qu’un moyen de rendre hommage à Georges Calteux et de faire un arrêt dans ma ville, à Echternach. 

Un vrai programme qui donnait le ton et parcourait la gamme des possibles, localement.  

Et puis chacun de nos commanditaires s’est inquiété : « Est-ce que les ambassadeurs seront bien rentrés à l’heure ? Est-ce que le programme n’est pas trop abondant pour eux ? » 

Tristesse ! Malédiction ! Fragilité et frilosité des fonctionnaires aux ordres ! 

Pourtant la cérémonie était belle, le repas était bon et le décor du cloître de l’Abbaye, somptueux. 

Et dans cette étape de plus, deuxième rendez-vous d’un parcours du combattant, il n’y a pas eu de vraie consolation ni de réel compliment.  

Doit-on en attendre encore ? 

C’était comme un dû. Une sorte de vacances, de colonie de vacances à vrai dire, où nos commanditaires ont l’impression d’inviter des adolescents un peu boudeurs et s’inquiétaient de savoir si les frites seraient appétissantes. 

Sans passion !

Peu à peu pourtant, tandis que d’un itinéraire à l’autre, les rapports se fortifient, et que la fierté d’appartenir à une même famille est de mise, le Conseil de l’Europe ne s’appuie plus que sur l’agitation des ombres de la caverne. 

Pourquoi alors, en effet, ne pas leur faire du cinéma ?

ReTour de Babel. Cliché MTP.

Laisser un commentaire